Face à l’augmentation régulière du nombre d’expulsions (plus de 100 000 jugements d’expulsion chaque année), le RéSEL (Réseau Stop aux Expulsions de Logement) a été lancé en juin 2009 à l’appel de trois associations de logement, la CNL (Confédération Nationale du Logement), la CSF (Confédération Syndicale des Familles) et du DAL (Droit au Logement) rejointes par de nombreuses autres.
Le RéSEL appelle à la création partout en France de réseaux « Stop aux Expulsions de Logement » et à la mobilisation concrète contre les cas d’expulsions. Le but du RéSEL est de rompre l’isolement des personnes menacées d’expulsion et de créer autour d’elles un réseau de solidarité grâce aux ami-e-s, voisin-e-s, parents d’élèves ou collègues... dans l’objectif de l’abandon de la procédure ou du relogement.
Lundi 26 avril à midi, Mme T. et ses deux enfants de 5 et 7 ans ont été expulsés de leur appartement, dans le 12e arrondissement. Ce sont des policiers qui sont venus dire à Mme T. qu’elle n’avait plus qu’une heure pour prendre ses affaires et rendre les clés de son appartement. Aucun représentant des services sociaux n’était présent. Aucune solution d’hébergement n’a été proposée à cette mère de famille et à ses deux enfants de 5 et 7 ans. Pourtant, la loi l’impose.
Le RéSEL dénonce cette expulsion, qui en pleine année scolaire pourrait avoir de graves conséquences quant à l’avenir et à l’épanouissement personnel des enfants.
Mme T., des membres de sa famille ainsi qu’une vingtaine de militants du RéSEL, venus la soutenir, se sont rassemblés devant l’immeuble. Ils exigent la réintégration de Mme T dans son logement. Cette demande a d’ores et déjà été transmise au Ministère du Logement.
Mme T. habite dans le parc privé depuis 2006 et est demandeuse de logement social depuis la même année. Une longue période de chômage l’a plongée dans une extrême précarité. Seule avec deux enfants à charge, elle s’est retrouvée dans l’impossibilité de payer un loyer de plus de 900 euros. Ses enfants de 5 et 7 ans sont scolarisés dans le quartier. Mme T. a été reconnue prioritaire par la commission du droit au logement opposable (DALO). À travers cette décision, c’est l’Etat lui-même qui a reconnu que Mme T. devait accéder à un logement social avant décembre 2009. Or, c’est bien l’Etat qui aujourd’hui l’expulse !
Le Réseau Stop Aux Expulsions de Logement (RéSEL) exige la réintégration dans les lieux de Mme T. et de ses deux enfants jusqu’à leur relogement dans les plus brefs délais.
RASSEMBLEMENT MERCREDI 28 AVRIL à 18 h 30 DEVANT CHEZ MME T. 262 AVENUE DAUMESNIL M° MICHEL BIZOT (Ligne 8)
Par ailleurs, le RéSEL exige :
Un moratoire sur les expulsions locatives
Le droit à un logement stable, au lieu de la précarisation des locataires
L’encadrement des loyers et des charges, la taxation de la spéculation immobilière, pour rendre le logement accessible à tous
La réalisation massive de vrais logements sociaux
L’application de la loi de réquisition
Le refus de la marchandisation du logement social et l’abrogation de la loi Boutin.